Les bases théoriques

La médecine traditionnelle chinoise (MTC) remonte à plus de 2000 ans. Elle est basée sur l’observation des saisons et la manière dont le corps humain, s’adapte naturellement aux fluctuations saisonnières ou aux climats locaux. Ces notions ont ensuite été étendues au fonctionnement interne du corps et ont été érigées en un système cohérent dans lequel un fluide, le Qi, va transporter l’énergie vitale, le long de circuits privilégiés, les méridiens, afin d’assurer le bon fonctionnement des organes internes. Cette énergie vitale sera contrôlable par le biais de points spécifiques situés tout au long de chaque méridien.

Le maître mot de cette approche thérapeutique pourrait être « recherche de l’équilibre ».

 

Ainsi, l'approche thérapeutique de l'acupuncture est donc de remettre et/ou maintenir en équilibre, le système énergétique humain, par la stimulation appropriée de points spécifiques. Ces points, dit points d'acupuncture, sont en quelque sorte des vannes, dont l'ouverture ou la fermeture, permettent de réguler les vides et les pleins du système énergétique.

 

 

Les cycles de transformation – contrôle de l'énergie

Comme les saisons passent les unes après les autres, la médecine chinoise considère que l’énergie vitale prend différentes tonalités, qui vont d’une part suivre le cycle des saisons et d’autre part s’alimenter et s’équilibrer l’une et l’autre.

 

Il y a 5 tonalités énergétiques. Le schéma du cycle saisonnier (cycle sheng en chinois) de transformation de ces tonalités est le suivant : 

                  

Chacune de ces tonalités énergétiques correspond à une saison et à une manifestation climatique.

 

  • Bois     → Printemps        → Vent

  • Feu       → Eté                  → Chaleur

  • Terre    → 5ième saison   → Canicule

  • Métal   → Automne          → Sécheresse

  • Eau      → Hiver                → Froi

 

Il est à noter que la Terre a une place très particulière dans le symbolisme de la MTC. Suivant le point de vue adopté, on va lui donner la position intermédiaire entre le Feu et le Métal ou une position centrale, autour de laquelle tourne les 4 autres éléments ou encore, une position intermédiaire entre chacune des autres tonalités énergétiques.

 

Ainsi quand on s'intéresse à l'équilibre énergétique de l'être humain, celui-ci sera considéré comme « axé » autour de la Terre. Quand on s'intéresse à l'adaptation de l'être humain, aux variations climatiques annuelles, on introduira une période de Terre lors du passage d'une saison à l'autre. Enfin, lorsqu'on s'intéresse à la circulation énergétique interne, on gardera le modèle du cycle de transformation décrit ci-dessus. 

 

Sur ce cycle de transformation se greffe un cycle de contrôle (cycle ko en chinois) qui a, en quelque sorte, une fonction de régulation du mouvement de transformation. L'ensemble des deux donne le schéma ci-dessous :

             

La mnémonique ci-dessous permet de retenir le fonctionnement de ce cycle :

  • le Bois recouvre la Terre

  • la Terre endigue l'Eau

  • l'Eau éteint le Feu

  • le Feu fond le Métal

  • le Métal coupe le Bois

 

Le Yin et le Yang

C'est une notion tout aussi fondamentale en énergétique chinoise. Comme le souligne bien les idéogrammes utilisés pour représenter le Yin et le Yang, cette notion est , elle aussi, basée sur l'observation :

Cette notion est toutefois assez subtile. En effet, sur terre, rien n'est totalement Yin, rien n'est totalement Yang. Il s'agit donc d'une notion relative. Ainsi, l'ombre solaire est Yin par rapport à la lumière solaire, mais Yang par rapport à l'obscurité d'une grotte.

 

D'une manière générale, on associe :

  • au Yin, les notions de froid, intérieur, obscurité, immobilité....

  • au Yang, les notions de chaleur, extérieur,  lumière, mouvement...

 

 

Les causes des dérèglements

Elles sont essentiellement de 2 types : externes ou internes.

Les causes externes sont au nombre de 2 (les énergies perverses et l'alimentation).

Les causes internes sont liées à l'action des  émotions.

Les énergies « perverses »

C'est une mauvaise traduction du phénomène, mais c'est la plus couramment employée dans les ouvrages de médecine chinoise. Elles correspondent aux énergies saisonnières, c'est à dire la sécheresse, le froid, le vent, la chaleur, la canicule et l'humidité. Ces énergies saisonnières sont en principe favorables lorsqu'on les trouve dans leur saison. Ainsi il est normal et sain d'être soumis au froid en hiver et à la chaleur en été. Par contre le vent froid de l'hiver peut déjà être considéré comme une énergie « perverse » car le vent est l'énergie saisonnière du printemps. Mais, ce qui va rendre une énergie « perverse », c'est son contexte « hors saison » plus que son intensité et la durée pendant laquelle on y reste exposé. Ainsi, un vent froid sera beaucoup plus « pervers » en été qu'en hiver. Par exemple, une exposition à la bise en plein cœur d'un hiver rigoureux pourra être mieux supportée qu’une exposition à la fraîcheur humide de « l'air de la rivière » pendant une nuit estivale. Enfin, pour qu'une énergie saisonnière devienne vraiment perverse, il faut qu'elle pénètre dans l'organisme et qu'elle perturbe la circulation énergétique du Qi correct. Cette pénétration se fait par les portes d'entrée les moins bien défendues ou les plus en affinité avec l'énergie « perverse ». C'est pour cela qu'un froid pénétrera plus facilement par la zone du dos où circule le Zu Tai Yang (méridien Vessie – Eau), un vent par le point 20Vb (Feng Men ou porte des vents), une humidité par les pieds via le Zu Tai Yin (méridien Rate – Terre), etc...

Si l'énergie défensive de l'organisme est suffisamment forte, les énergies « perverses » resteront à l'extérieur.

Si l'énergie défensive de l'organisme n'est pas suffisamment forte, il y aura pénétration dans le réseau énergétique. Le premier réseau de méridiens concernés sont les méridiens tendino-musculaires. Une fois cette première défense franchie, l'énergie « perverse » va continuer à pénétrer plus en profondeur vers les méridiens principaux et les méridiens distincts jusqu'à arriver aux organes. A partir de ce moment les fonctions organiques vont pouvoir se dérégler entraînant une pathologie plus ou moins sévère.

L'alimentation

C'est l'autre cause principale des dérèglements énergétiques chroniques. Pour la Médecine Traditionnelle Chinoise, l'assimilation, de l'énergie des éléments est au coeur de la production de l'énergie nécessaire au maintient en bonne santé. Dans les textes anciens, notamment le Su Wen, le processus de digestion est décrit en trois étapes :

 1 - l'ingestion des aliments qui permet à l'Estomac de pourrir et murer le bol alimentaire

 2 - la montée du pur qui correspond à la fonction d'assimilation de  l'Intestin Grêle 

 3 - le mélange de l'énergie des aliments avec l'énergie de la respiration qui se réalise au centre de la poitrine, au niveau du point 17RM - Dan Zhong, De là, l'énergie est diffusée pour assurer le bon fonctionnement des organes et des entrailles.

Aussi, on comprend mieux le rôle central de l'alimentation dans le maintien de la bonne santé. D'autant plus qu'en occident, il est souvent un peu difficile de se nourrir en respectant notre écologie intérieure.

Pour être pleinement efficace, l'alimentation, au sens de la Médecine Traditionnelle Chinoise, devra respecter certaines règles. Notamment il faudra veiller à équilibrer les 5 saveurs (salée, piquante, acide, douce et amère) et encore plus a éviter une alimentation trop froide qui, sur le long terme, pourrait perturber la fonction digestive. Bien manger selon les principes de la MTC, revient à manger une nourriture saine, de bonne qualité, peu cuite mais en respectant les fragilités digestives de chacun et en laissant 30% de vide dans l'estomac car il faut laisser un peu d'espace pour « aérer » le bol alimentaire. Dit d'une autre manière, il faut un peu de tout, avec des fruits ou légumes et des protéines en mêlant les saveurs et les couleurs.

Les émotions

C'est un facteur aussi important que l'alimentation. En effet, à chaque tonalité énergétique correspond une émotion. La tristesse correspond au Métal, la peur correspond à l'Eau, la colère correspond au Bois, la joie correspond au Feu et le souci correspond à la Terre. Sauf dans le cas de la Joie, l’expression intense ou sur le long terme de l’une ou l’autre de ces émotions va perturber la loge énergétique correspondance. Ainsi une tristesse prolongée va bloquer l’énergie du Métal, une grande frayeur va « vider » l’énergie de l’Eau, une « bonne » colère va « léser » l’énergie du Bois et le souci permanent va « épuiser » l’énergie de la Terre.

Pour la Joie, c’est un peu différent. Si sa manifestation pondérée va tonifier l'énergie du Feu, un excès de joie, par exemple un fou rire incoercible, pourra léser l'énergie du Feu.

On retrouve le même principe qu'avec les énergies « perverses ». C'est à dire, qu'en fonction de sa durée et/ou de son intensité, la manifestation d'une émotion particulière va pouvoir léser l'énergie de la tonalité énergétique associée. La différence, c'est que l'émotion va directement atteindre l'organe et que le choc émotionnel peut déclencher une pathologie liée à un vide d'énergie de l'organe.

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